Slacktivisme

En lien avec la campagne « liker ne veut pas dire aider« , le slacktivisme, ce néo-anglo-logisme mérite un débat nourri. Mais les points de vue vont perturber les arguments : un communicant vs un community manger, vs un travailleur humanitaire, vs un simple internaute…
Et tout le monde d’y aller de sa généralisation.
Pesonnellement, je pense que les réseaux sociaux ont le mérite d’informer et de faciliter l’engagement. Mais ils ne sont pas responsables des actes posés dans la vie réelle : c’est simplement le moyen d’avoir l’information que l’on peut agir (où, quand, comment) et un lieu propice à la sensibilisation, la conscientisation. Le reste dépend de chaque internaute. Un catalyseur tout au plus.

Et il n’y a aucune raison de critiquer ceux qui se servent uniquement des réseaux sociaux pour manifester leur empathie ou leur solidarité. Même si oui, certains, quelques-uns, se contentent de ces « like », alors qu’avant ils en faisaient peut-être plus concrètement : à chacun ses choix.

Quoiqu’il en soit, voici un article sur la question + une infographie nous présentant un slacktiviste :

activisme-réseaux-médias-sociaux-only

Article publié sur GQ Magazine,
par Jean-Philippe Louis, en mars 2012

SLACKTIVISM: LA RÉVOLUTION ASSISE

Le succès de la campagne Kony 2012 a mis en lumière une nouvelle forme d’activisme numérique: le slaktivism. Retour sur cette forme militante qui consiste à se révolter sans trop se fatiguer.

slacktivime, réseaux sociaux

Le succès de la campagne Kony 2012 a mis en lumière une nouvelle forme d’activisme numérique: le slaktivism. Retour sur cette forme militante qui consiste à se révolter sans trop se fatiguer.

Slacktivism. Derrière cet anglicisme se cache une accoutumance mondiale: protester, s’indigner, faire bonnes œuvres, tout ceci prostré derrière notre écran. Ce qui, convenons-le, épargne notre personne de jets de pavés et autres désagréments propres à la rébellion. La semaine dernière, l’activisme fainéant (traduction du Slacktivism) a refait surface. En effet, le Web fut pris d’une bienveillance assez inédite à l’égard du peuple ougandais. L’ONG américaine Invisible Children publiait une vidéo de près de 30 minutes dans laquelle on voyait les crimes et enrôlements d’enfants exercés par le chef rebelle ougandais Joseph Kony. Haro! En deux semaines, le film est vu 100 millions de fois, les peoples s’emparent du sujet et Invisible Children récolte des dons considérables.

Olivier Mermet, blogueur qui affirmait il y a deux ans sur le site Owni.fr que « les réseaux sociaux ne pouvaient entrainer un réel engagement », a lui-même fait un don de 30 euros à l’ONG : « Cette campagne, à la différence des autres s’inscrit dans un renforcement positif, c’est un vrai appel à l’action. » se justifie-t-il. Dans cette logique, en quoi, Invisible Children se distingue-t-il de l’activisme mou propre au web ? Selon Olivier Mermet, toute personne ne sortant pas de sa « zone de confort » pour faire bonnes œuvres fait partie intégrante de l’activisme fainéant : « Pour prendre l’exemple de Kony 2012, ceux qui ont seulement regardé la vidéo, s’en sont indignés sur les réseaux sociaux, ont posté des photos d’enfants ougandais sans faire de don, ne sont pas sortis de leur ‘zone de confort’. On est dans le Slacktivism. Au contraire, quand on donne sur Internet, c’est exactement comme si on se faisait aborder à la sortie du métro par une ONG et qu’on donnait notre rib pour être prélevé » justifie le blogueur.

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Activisme positif et négatif
L’activisme numérique ne vaudrait donc pas un pavé s’il n’a aucun impact sur les dons réels. « Le Slacktivism donne l’habitude de donner de moins en moins, sans pour autant froisser l’égo. On remplit son quota de bonnes actions, en faisant finalement quelque que chose qui ne rapporte pas réellement et ça c’est assez négatif ». Militer depuis son canapé serait maigre besogne et néfaste ? Pas tout à fait si l’on en croit Géraldine Poissonnier, directrice de publication de Mesopinions.com : « Grâce à Internet, les ONG et associations peuvent viser plus large, ça crée du lobbying » explique-t-elle. Géraldine Poissonnier n’a pas à aller bien loin pour illustrer son argument. Son site Internet est un repère à slacktivistes. Créé en 2006, Mesopinions.com recueille plus de 4500 pétitions en ligne de toutes sortes. Ses 1 314 000 abonnés ont le choix dans une large gamme de supplications :  soutien au peuple syrien, appel pour l’égalité, pétition contre le voile dans le foot, jusqu’à celle pour le rétablissement de la peine de mort. « La pétition en ligne alerte les gens. Les personnes qui signent ne vont peut-être pas s’engager tout de suite, mais c’est déjà un premier pas. Plus tard, ils iront peut-être manifester, et cette fois sur le terrain. C’est donc positif ».

Le printemps arabes: contre exemple? 
Incontestablement la preuve de l’utilité des réseaux sociaux en période de contestation, on trouve les révolutions arabes. Internet dans ce cas, a joué un rôle de médiateur: « Pour le printemps arabes, les réseaux sociaux ont joué un rôle organisationnel » explique Olivier Mermet. Pareil du côté des émeutes à Londres. Là-bas, le Web a exprimé son potentiel en terme de cohésion. Il renforce, mobilise et surtout informe avant d’aller sur le terrain. On appelle cette initiative le « call to action » (appel à agir). Kony 2012 a révélé à quel point le Web était un vecteur d’information sur la forme, mais en a également montré les limites sur le fond. Trop larmoyant, nombreux ont pointé un « marketing de l’émotion » comme l’explique le quotidien LeMonde.fr. Ce retour de bâton pose une question: doit-on amplifier le message, quitte à le galvauder pour toucher plus de monde? Le problème mérite discussion. Pourquoi pas une pétition contre les campagnes virales surfaites? Pour signer, cliquez sur « j’aime ».

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