L’émergence de nouveaux donateurs – politique humanitaire

DAKAR, 24 octobre 2011 (IRIN) – « Le monde a mis du temps à prendre conscience de leur existence – et aujourd’hui nous ne pensons plus qu’à eux », a dit Karin Christiansen. C’est en ces termes que la directrice de Publish What You Fund décrit la relation des occidentaux avec les donateurs généralement qualifiés de « nouveaux », d’« émergents » ou de « non-traditionnels ».

Nombre d’entre eux sont loin d’être de nouveaux donateurs – l’Inde, le Brésil et la Chine fournissent de l’aide depuis des dizaines d’années – mais ce qui est nouveau, c’est qu’un groupe de donateurs non-occidentaux offrent davantage d’aide humanitaire et d’aide au développement chaque année, et le notifient de manière plus cohérente aux organes officiels, comme le service de surveillance financière des Nations Unies (127 donateurs ont notifié leurs engagements en 2010).

L’« émergence »des nouveaux donateurs remet en cause l’hégémonie traditionnelle des donateurs occidentaux qui décident de la manière dont l’aide est utilisée et quels pays en bénéficient.

« Une hégémonie ou un sens de la tradition a vu le jour aux cours de ces dernières décennies au sein du mouvement humanitaire occidental qui considère qu’il devrait être le fer de lance de la réponse aux catastrophes, grâce à sib expérience et ses compétences particulières », dit Randolph Kent, directeur du programme Humanitarian Futures du King’s College de Londres.

« Cependant, nous constatons que de plus en plus d’acteurs humanitaires orientaux interviennent lors des situations de catastrophes – l’Inde, la Chine, le Vietnam et le Bangladesh par exemple – et qu’ils sont plus que capables de répondre aux situations de crise et de les gérer dans leur pays ».

Ces donateurs n’ont pas nécessairement envie d’adhérer au Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) – ils mettent en place leurs propres groupes de coordination au niveau local.

En 2011, le Brésil et l’Espagne ont signé un accord afin de lancer des projets d’aide conjointement ; plus récemment, la Russie a mis en place un partenariat avec le Venezuela afin de répondre au tremblement de terre à Haïti ; le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud ont mis en place le Poverty and Hunger Alleviation Fund en 2011.

Au fil des ans, nombre de ces pays se sont exprimés contre l’approche descendante, privilégiant les partenariats lors qu’ils reçoivent de l’aide. Après tout, l’Inde était à la fois le huitième plus grand bénéficiaire de l’aide officielle au développement en 2008 et devrait devenir la troisième plus grande puissance économique d’ici 2020.

Certains gouvernements ressentent de plus en plus de frustration face à la domination des occidentaux au sein des organes inter-gouvernementaux, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). En avril 2011, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine ont publié un communiqué stipulant : « Les structures de gouvernance des institutions financières internationales devraient refléter l’évolution de l’économie mondiale, permettre aux économies émergentes et aux pays en développement de mieux faire entendre leur voix et d’accroître leur représentation ».

Les puissances occidentales ne semblent pas prêtes à effectuer de grands changements, pour l’instant. Toutefois, au moment voulu, tous les donateurs devront évoluer au moins un peu, indiquent les analystes. Au vu de ces changements, IRIN aborde la question de la transparence du programme d’aide chinois ; analyse l’influence croissante des donateurs et des agences d’aide musulmans et arabes ; et s’entretient avec des analystes afin de savoir si les agences d’aide préparent bien l’avenir en se tournant vers les nouveaux donateurs, comme le Brésil et l’Inde.

Pour davantage d’informations sur la politique humanitaire, vous pouvez consulter la page IRIN’s in-depth: L’« émergence » des nouveaux donateurs

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Photo: Pepijn Vanthoor/Flickr Des ouvriers du bâtiment chinois – construire de nouvelles relations

[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]

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