Samu Social

Samu Social

La « méthode samusocial » créée en 1993 par le Docteur Xavier Emmanuelli, propose et développe une approche nouvelle pour lutter contre l’exclusion sociale qui consiste à « aller vers » les personnes en situation de grande exclusion dans la rue.

Cette méthode, inspirée par le SAMU (médical), se caractérise par l’urgence, la permanence, la mobilité, le professionnalisme et la mise à l’abri des personnes en situation d’exclusion pour établir un bilan global, en particulier médico-psycho-social, et les orienter vers des structures pérennes.

Ces personnes sont des victimes, en danger, qui ne sont plus à même de demander de l’aide. Par une prise en charge pluridisciplinaire associant les aspects médicaux, sociaux et éventuellement psychiatriques, l’objectif du Samusocial consiste à leur porter assistance en les aidant à réacquérir les codes de la vie en société.

Pour être toujours plus efficace, et répondre au phénomène croissant de l’urbanisation qui génère dans toutes les villes du monde de l’exclusion sociale, le Samusocial a élargi son champ d’action et ses missions. Différentes structures ont ainsi vu le jour et développent des missions expérimentales dans quatre domaines d’intervention : l’urgence, la post urgence, la formation et l’enseignement, la recherche.

Retrouvez certaines de leurs campagnes sur ce site :

L’indifference Tue, 2010

Dans la peau d’un sans-abris, 2010

Même vos ordures ne passent pas l’hiver dehors, 2008

Asphaltisation, 2010

L’exclusion en milieu urbain

Le phénomène caractéristique du XXIe siècle est celui de la mégapole. Toutes les sociétés, du Nord, du Sud, de l’Orient ou de l’Occident sont concernées : dans un avenir proche, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les grandes villes. Cette urbanisation croissante génère, partout dans le monde, de la décohésion sociale et de l’exclusion : si la ville attire par les possibilités qu’elle offre, aussi bien économiques que sociales, elle individualise les personnes. Détruisant le cadre traditionnel des relations communautaires et familiales, au sens large, isolant les individus et les coupant des réseaux de ressources, la ville participe à la disparition des sociétés traditionnelles.

Ces personnes fragiles se trouvent confrontées à une situation où leurs repères traditionnels ne leur servent plus à rien pour assurer leur survie quotidienne : recherche d’un abri, d’eau, de nourriture. Les plus habiles s’en sortent, et, s’ils ont des circuits familiaux ou ethniques, parviennent à s’intégrer. Mais, pour un certain nombre d’entre eux, sans liens d’aucune sorte, sans aucune qualification, sans ressources, le problème de la simple survie reste posé en permanence.

Le concept de l’urgence sociale

Une personne qui vit dans la rue est en danger, à quelques heures, quelques jours, quelques semaines, aussi bien dans le domaine médical que psychiatrique ou social. Sans repères ni codes, ces personnes n’ont ni conscience du danger dans lequel elles se trouvent, ni les moyens d’y faire face, et ne savent plus demander de l’aide. Il faut donc une tierce personne, qui soit en mesure de leur porter efficacement assistance, en urgence.

A l’instar du SAMU Médical qui va au devant des blessés physiques, le Samusocial est un dispositif d’intervention d’urgence créé pour aller vers les personnes en détresse sociale, réduites au stade de la simple survie, qui ne sont plus à même d’appeler les secours.

L’analyse sur laquelle s’appuie « l’approche Samusocial » distingue trois phases:

  1. L’urgence concerne toutes les personnes en situation d’exclusion dans les rues des mégapoles. Elle est caractérisée par une précarité extrême qui nécessite une réponse immédiate.
  2. La post-urgence est l’étape suivante qui consiste à faire évoluer les personnes exclues dans un cadre adapté. Cette étape nécessite un soutien médico-psycho-social pour permettre à ces personnes fragiles de se « remettre debout » et de retrouver les repères indispensables à la vie en société. Cette étape est essentielle, en tant que sas de décompression et d’analyse, pour pouvoir préparer une éventuelle troisième étape qui est celle de l’insertion.
  3. L’insertion, d’autres structures, souvent partenaires du Samusocial, prennent ensuite le relais pour assurer cette phase.

Ces étapes ne constituent pas des parcours linéaires. L’urgence et la post-urgence peuvent représenter des étapes longues et répétitives pour les personnes avant qu’elles puissent reformuler des désirs et reprendre possession de leur corps et de leur être.

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